Ésta no es una aria y, si por ello se perforan los oídos ortodoxos, lo lamento…

Esta canción descarnada, dramática, impactante, inubicable en ópera alguna es, sin embargo, universal, como  un grito desesperado, que se nos vuelve nuestro, eterno. Como el clamor de un ser que, aterrado por la implacable pérdida, se encuentra solo… ¡Solo y clama ante su presencia inconmovible! ¡Ruega! ¡Llora, desde el silencio! ¡Inútil expresa su deseo que queda flotando en el viento!… ¡No me dejés más!,… mientras el tiempo de un perdido Proust, nos desgarra por dentro, en el pleno centro de nuestra vulnerable sensibilidad, sin poderle revertir, sin poder asirle más, como en la densidad del Adagio inexorable de un Albinoni sin palabras… en la penumbra lunar que hunde su daga en el alma inconforme y vaciada.

Sea por ella, o por el aire que nos permite respirar, o sea por lo que sea, como un saludo a la Soledad, cargada de nostalgias, de “saudades” entretejidas por los recuerdos y solo como Jacques Brel, ¡NE ME QUITTE PAS!

Ne me quitte pas
Il faut oublier
Tout peut s’oublier
Qui s’enfuit déjà
Oublier le temps
Des malentendus
Et le temps perdu
A savoir comment
Oublier ces heures
Qui tuaient parfois
A coups de pourquoi
Le coeur du bonheur
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Moi je t’offrirai
Des perles de pluie
Venues de pays
Où il ne pleut pas
Je creuserais la terre
Jusqu’après ma mort
Pour couvrir ton corps
D’or et de lumière
Je ferai un domaine
Où l’amour sera roi
Où l’amour sera loi
Où tu seras ma reine
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Ne me quitte pas
Je t’inventerai
Des mots insensés
Que tu comprendras
Je te parlerai
De ces amants là
Qui ont vu deux fois
Leurs coeurs s’embraser
Je te raconterai
L’histoire de ce roi
Mort de n’avoir pas
Pu te rencontrer
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

On a vu souvent
Rejaillir le feu
D’un ancien volcan
Qu’on croyait trop vieux
Il est paraît-il
Des terres brûlées
Donnant plus de blé
Qu’un meilleur avril
Et quand vient le soir
Pour qu’un ciel flamboie
Le rouge et le noir
Ne s’épousent-ils pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Ne me quitte pas
Je ne vais plus pleurer
Je ne vais plus parler
Je me cacherai là
A te regarder
Danser et sourire
Et à t’écouter
Chanter et puis rire
Laisse-moi devenir
L’ombre de ton ombre
L’ombre de ta main
L’ombre de ton chien
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas.